Un bateau n’est pas un simple engin de transport
et on achète pas SON bateau comme on achète
sa voiture. Même chose pour la revente…
Bien plus qu’une affaire de style et de budget,
un bateau une affaire de passion et de mode de vie
qui fait la part belle à la liberté,
aux loisirs, aux sensations et au contact avec la
nature.
Mais au-delà de la passion et du côté
poétique de la chose, devenir propriétaire
nécessite aussi une bonne dose de réalisme
dans ses choix. Etre propriétaire implique
un certain nombre de contraintes matérielles
et de responsabilités à moyen et long
terme : capacité financière, entretien,
stationnement…
Un peu comme un animal de compagnie, votre bateau
sera dépendant du soin et de l’attention
que vous lui porterez, il aura besoin de sortir
régulièrement naviguer car un bateau
qui ne sort pas est un bateau qui meurt. Certaines
embarcations qui pourrissent parfois dans les marinas
en sont l’illustration. Si vous ne vous en
ressentez pas, préférez la location,
qui est aussi pleine d’avantages et qui nous
l’espérons va se développer
rapidement.
Choisir son bateau
Si la satisfaction que vous donnera votre bateau
n’est pas proportionnelle à sa longueur,
il n’en est pas de même avec son prix
et son coût. Plus il est grand, plus il est
cher, plus il demande d’entretien et d’intendance…
Mais le budget n’est pas la question essentielle
car entre le pneumatique et le cabine-cruiser ou
le catamaran de 16 pieds et un croiseur de 40 :
il y en a pour toutes les bourses. Sans compter
la possibilité d’acheter du neuf ou
de l’occasion.
La plaisance et le nautisme sont compatibles avec
tous les budgets et en général, on
peut commencer en voyant « petit » pour
se tourner ensuite vers des unités plus grandes,
passion et expérience venant.
Mais n’oubliez pas qu’avant de franchir
le pas de l’acquisition, vous pouvez fort
bien pratiquer la voile dans les clubs.
Voile ou moteur ?
Passons rapidement sur cette question tant elle
est personnelle. Il y a les adeptes de l’un
et de l’autre. Deux approches, deux esprits,
deux mondes : « Navigation express »
au moteur ou « Navigation à préparer
soit même » à la voile.
Bien sûr, le moteur est plus accessible aux
non initiés, plus pratique aussi : on met
la clé, on sort, on revient et on gare le
bateau. Ce qui ne vous dispense pas des charges
et contraintes liées à la possession
d’un bateau : révisions, entretien,
place de port…
Et derrière son apparence « récréative
», n’oublions jamais que la plaisance
moteur répond elle aussi aux règles
de navigation et de sécurité en vigueur.
Pour conclure avec un total manque d’objectivité,
j’ajouterai que la plus belle et la plus grande
école de la mer, c’est la voile ! C’est
aussi une sensation unique de liberté et
de symbiose avec la mer et la nature. Et encore
une fois, c’est un loisir accessible même
à petit budget… Si vous n’avez
jamais navigué à la voile, tout s’apprend.
Les clubs sont là pour ça et vous
permettront de savoir si vous êtes suffisamment
accroché avant de vous décider dans
l’achat de votre bateau.
Les critères
pour choisir votre bateau
Si le choix d’un bateau moteur est relativement
aisé, un certain nombre de critères
vous permettront d’y voir plus clair et de
choisir le voilier qui répondra le mieux
à vos attentes, selon votre budget.
Votre programme de navigation :
Que souhaitez vous faire avec votre bateau ? Sorties
à la journée avec pic nic à
bord ou sorties pêche ? Cabotage de plusieurs
jours ? Navigation plus sportive et plaisir de régater
? Possibilité de vivre et recevoir à
bord quand vous êtes à quai ? Sortirez-vous
seul, en famille ou entre amis qui participeront
aux manœuvres ? Votre programme va vous permettre
de mieux cerner le niveau de confort, de capacité
de navigation hauturière, d’habitabilité
et d’équipement de votre bateau.
Vos compétences :
A moins d’engager un skipper à l’année,
il est important de choisir un bateau que vous saurez
manœuvrer avec aisance, seul et avec vos équipiers,
en mer et au port. Estimer votre niveau de compétence
et celui des personnes avec qui vous envisagez de
naviguer est important pour définir la taille
du bateau adapté : sur un day-boat de 7 mètres,
la maniabilité sera plus grande et les manœuvres
plus faciles que sur un voilier de 12 mètres.
Pensez également qu’un plaisancier
doit être aussi bricoleur car les petits travaux
de tous ordres de manquent jamais à bord.
Dans le cas où vous ne seriez ni l’un
ni l’autre, ne désespérez pas
pour autant. D’une part, tout s’apprend
: nombreux sont ceux qui ont commencé par
un stage aux Glénans, à l’UCPA
ou dans les clubs du Maroc. Vous pouvez par ailleurs
vous « rôder » par des cours particuliers
ou en vous faisant accompagner lors de vos sorties
par un ami plaisancier ou un membre de votre yacht
club. Et sur les pontons, vous ne manquerez jamais
de recevoir de bons conseils…
Enfin, tout est aussi question de budget : vous
pouvez aussi vous offrir les services d’un
skipper et faire appel aux différents corps
de métiers présent généralement
dans les marinas pour assurer l’entretien
et les réparations de votre bateau.
Vos zones de navigation :
On peut séparer le Maroc en deux zones de
navigation : Atlantique et Méditerranée.
Le choix de votre port d’attache va déterminer
grandement votre zone de navigation et donc le choix
d’un bateau adapté aux conditions de
mer et de météo habituelles dans la
zone.
Questions pratiques et financières
:
La première est de savoir où sera
stationné votre bateau. De petite taille
transportable, vous pourrez le sortir de l’eau
et l’entreposer sur place ou chez vous. Plus
grand, il vous faudra une place dans une marina
ou un port accueillant les plaisanciers. Avec les
nouvelles marinas de Saïdia, du Bouregreg et
d’Agadir, les différents yachts clubs
comme Mohamedia ou Tanger et les quelques ports
de plaisance existants : les places ne manquent
pas sur l’eau et à sec. Les prix sont
très variables selon les ports et marinas
et bien sûr selon les dimensions du bateau.
Pour une place « permanente » sur un
ponton ou un corps-mort, vous pouvez louer l’anneau
à l’année ou pour 15 à
20 ans (amodiation). Pour une place à sec,
tout dépend des infrastructures de votre
port d’attache.
Vous choisirez votre port en fonction de la proximité
souhaitée avec votre domicile (avec quelle
fréquence utiliserez-vous votre bateau ?).
Informez vous sur les infrastructures et services
disponibles sur place : engins de levage, mise à
l’eau, hangars, chantier à proximité,
gardiennage, magasins et prestataires techniques…
Autres aspects financiers à prévoir
: assurance, entretien, réparations…
Annuellement, on estime généralement
tous ces « frais de fonctionnement »
entre 8 et 10% du prix d’achat du bateau.
Un voilier : quel type
et quelle taille ?
Après avoir défini votre « profil
d’utilisateur », vous allez maintenant
pouvoir définir le bateau adapté.
Moteur ou voile ? Dériveur ou catamaran de
sport pour s’amuser avec les enfants et se
faire des sensations ? Day-boat ou Mini pour le
plaisir de sorties à la journée ?
Habitable équipé pour la croisière
côtière ? Le choix est vaste, surtout
en matière de voilier. En voici les principales
familles :
• Voiliers « fun » pour
les sensations
Ce type de petits voiliers légers est idéal
pour l’apprentissage, pour la recherche de
sensations de glisse et de vitesse. On trouve dans
cette catégorie :
| |
- Les dériveurs
(en solitaire ou en double) orientés
performance, souvent utilisés pour la
compétition sportive et les écoles
de voile. (Laser, 420, 470…)
- Les catamarans : de sport
ou de loisir, ils ont autant de succès
auprès des familles et des enfants qu’auprès
des pratiquants aguerris et amateurs de sensations.
(New Cat, Dart, Nacra, Hobie Cat…)
- Les day-boats : plus grands
que les deux type précédents,
ils permettent une navigation « plus au
sec », en double ou en équipage
et procurent également de vraies sensations
de glisse. Quillards ou dériveurs, ils
ont en commun d’être à la
fois racés et performants. (Tofinou,
Open 5.00, Day Dream…) |
• Petits croiseurs côtiers
pour la mini croisière
Ces petits voiliers de 5 à 7 mètres,
très polyvalents et accessibles sont parfaits
pour faire vos premiers pas vers la croisière
côtière. Faciles à manœuvrer,
ils disposent des aménagements minimums (couchettes
et coin cuisine) pour la petite croisière
côtière. D’un confort assez spartiate,
ils peuvent être orientés pour la régate,
sont généralement transportables (tractés
par une voiture), d’un tirant d’eau
assez réduit et parfois modulable.
• Croiseurs familiaux pour la croisière
côtière
Entre 8 et 9 mètres, ces voiliers permettent
la croisière en équipage de 3 à
5 personnes, avec 2 cabines, cuisine, cabinet de
toilettes-douche et coin navigation. Bien aménagés,
disposant d’une hauteur sous barreau, ils
ont un bon niveau de confort, sont assez maniables
et sécurisants. De conception classique ou
plus axée sur la performance, ils ont l’autonomie
et l’habitabilité nécessaires
pour effectuer des croisières côtières
dans d’agréables conditions.
• Croiseurs hauturiers pour le grand
large
A partir de 9 mètres, ces voiliers sont faits
pour partir au grand large et effectuer de longues
traversées. Ils accueillent un équipage
plus nombreux, avec 2 ou 3 cabines et sont généralement
bien équipés pour rendre les manœuvres
et la navigation plus aisées. Les 10 à
11 mètres sont au cœur de cette catégorie
car ils offrent un bon compromis habitabilité/dimension.
De 12 à 14 mètres, vous disposerez
de trois cabines assurées et d’un modèle
à l’autre de nombreuses formules d’aménagement,
rendues possibles par le grand volume intérieur.
• Voiliers de grand voyage
Pour un tour du monde ou un voyage au long cours
de plusieurs mois. Ici, la priorité est donnée
à l’autonomie, au confort et la sécurité.
La longueur sera fonction du nombre d’équipiers
et de la durée du voyage : le bateau doit
pouvoir embarquer beaucoup de matériel, posséder
un bon équilibre de barre et une bonne capacité
de passage dans une mer bien formée. Outre
les monocoques, on trouve dans cette catégorie
et les grands catamarans de voyage.
Acheter un bateau
: où et comment ?
Encore embryonnaire, le marché marocain de
la plaisance ne possède pas encore une offre
à la hauteur de la demande. Vous n’aurez
pas de mal à trouver des distributeurs et
représentant de marques de bateaux à
moteur, jet sky, kayaks… Il en existe un certain
nombre. C’est moins évident pour les
voiliers. Dans tous les cas, vous ne perdrez rien
à nous consulter !
La première des choses est d’orienter
vos recherches en vous documentant dans les revues
nautiques, sur les sites spécialisés
et les sites des fabricants. Les nombreux salons
nautiques internationaux permettent une vue d’ensemble
de la production, il existe également des
salons du bateau d’occasion.
Il existe au Maroc plusieurs chantiers fabricant
des bateaux de plaisance mais ils sont souvent destinés
à l’exportation. Le développement
de la demande devrait permettre peu à peu
à ces chantiers de penser à une offre
destinée au marché local. Si Dieu
veut !
Importation :
Si vous orientez votre achat vers un bateau à
l’étranger, vous devrez alors le payer
en devise étrangère et donc obtenir
au préalable l’autorisation de l’Office
des Changes. Sauf si vous êtes étranger,
M.R.E ou personne morale qui disposent de devises.
Ou si vous passez par une société
d’importation qui achète pour vous
l’embarcation et vous la facture après
importation.
Taxes d’importation :
Si vous décidez d’acheter votre bateau
de l’étranger, neuf ou d’occasion,
vous devrez acquitter en plus du prix d’achat
les taxes suivantes :
TVA : 20% (assiette sur la valeur + Droit d’importation)
Droits d’importation : 10% (assiette sur la
valeur)
Taxe parafiscale : 0,25% (assiette sur la valeur)
Soit un total de taxes et droits de 32,25% de la
valeur.
Si votre bateau est fabriqué d’origine
U.E. ou USA : exonération des 10% de droits
d’importation. Il est donc avantageux d’acheter
dans ces pays, il vous faudra donc exiger du vendeur
le certificat EUR1 attestant de son origine pour
bénéficier de l’exonération.
Définition de la valeur en douane des bateaux
d’occasion : l’assiette de taxation
d’un bateau d’occasion tiendra compte
de l’Argus international comme base mais aussi
de l’état du bateau et de ses caractéristiques
: marque, modèle, design, âge, équipements,
état…
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